Où je me tiens : Badra Tires

Badra Tires, 39 ans, est Psychologue clinicienne à la Direction d’Action Sociale et de Solidarité (DASS) et bénéficiaire du programme de renforcement de capacités des professionnels des DASS impliqués dans le dispositif d’écoute, de conseil et d’accompagnement des femmes en difficulté sociale, plus particulièrement les femmes victimes de violence (FVV). Ce programme est mené par le ministère de la solidarité de la famille et de la condition de la femme en partenariat avec ONU Femmes en Algérie.

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Badra Tires. Photo: ONU Femmes
« Dans mon travail, les difficultés auxquelles je fais face en priorité sont les dossiers sensibles des femmes particulièrement vulnérables. Les femmes qui viennent me voir sont dans diverses situations : elles cherchent du travail, elles sont mères célibataires, leurs maris sont en prison, celles abandonnées avec leur famille par leur mari, les femmes veuves… Elles demandent de l’accompagnement pour des pensions et de l’orientation juridique.

Au sein de notre DASS, il y a différents profils : psychologues cliniciens, un administrateur, une assistante sociale et un éducateur spécialisé. Tout le monde est polyvalent, et tout le monde doit être au courant de tous les dossiers pour pouvoir faire le travail d’orientation. Un des problèmes récurrents est celui de la réinsertion professionnelle des femmes qui manquent souvent de qualifications et de diplômes et se retrouvent à faire le ménage. Une autre difficulté que nous rencontrons est la violence familiale. Nous accueillons très peu de femmes victimes de violence conjugale car il y a un tabou puissant à ce niveau et les problèmes sont donc « réglés » au sein des familles.

J’ai retenu beaucoup d’enseignements de cette formation. Grace aux échanges avec les responsables des formations et les collègues des autres Wilayas, j’ai réalisé que nous étions confrontés aux mêmes difficultés sur le terrain. Chaque notion de la prise en charge des femmes a été expliquée avec toutes les étapes avec un focus sur ce qu’il faut et ne faut pas faire afin d’éviter les erreurs professionnelles. Les questions d’empathie, l’importance de l’objectivité et de la neutralité et de responsabilités qui dépassent nos missions ont également été traitées. Cette formation a élargi les contours de l’image que je me faisais de ma profession. A mon retour, j’ai l’intention de faire une réunion avec tous les collègues pour restituer les principes de la formation et expliquer plus en profondeur l’aspect de prise en charge pour que chacun puisse les utiliser ».